En prenant la route du centre de l'île du Nord, nous passons près du Mont Ruapehu, un volcan endormi qui crache
encore parfois quelques cendres et boues brulantes, les dernières explosions ont eu lieu en 96 et 97 causant pas mal de soucis aux habitants de la région ...
Notre objéctif de la journée étant atteind en milieu d'après midi, Rotorua, une ville installée pile poil sur la ceinture de feu du Pacifique, nous prenons le temps de faire une escale technique
au camping pour laver nos affaires, les draps, le sol et faire quelques courses. Ca a beau être les vacances, Conchita n'a p as suivi dans les valises et nous devons bien nous occuper des tâches
pour ne pas dire corvées nous même. Heureux sont les gens qui peuvent profiter de leur journée et trouver en rentrant leur lit fait, le ménage fait, la soupe faite, le linge lavé, le frigo rempli
!
En fin de journée, epuisés par le dure et difficile travail obligatoire que nous venons de réaliser, il nous vient l'envie d'explorer
les environs. Toto est intrigué par toutes ces fumerolles qui se dégagent un peu partout dans les alentours ...
Dans mon guide, un endroit reputé pour son activité géothermique est indiqué à deux pas de là, The crater of the Moon. Ni une ni deux nous voilà en route ! Il est 19h, le soleil n'est pas encore
couché ! Le GPS indique une route, il faut finir à pied. Toto toujours perplexe sur les émanations vaporeuses, suggère des locaux qui pratiquent le bruli sur les terres agricoles de la région !
Je proteste vivement ! Ce sont des vapeurs de gaz toxique, de souffre brulant, l'odeur fétide des entrailles de la terre qui rôde ... à moins qu'un troupeau entier de moutons n'ait fini par
chutter au fond d'un ravin il y a quelques jours et que les tristes carcasses abimées, pourissent joyeusement sous le soleil printanier en dégageant cette merveilleuse odeur de
...
Une barrière nous empèche d'avancer plus loin, qu'importe ! Nous sautons cette dernière. Le sol 20 mètres plus loin est chaud ! Des
sifflements s'échapent du sol ! Des fumées blanchâtres sortent par des milliers de petits trous ! Des couleurs vives pavent le chemin sur lequel nous marchons, au milieu d'une vegetation brulée
et figée. Un panneau previent du danger ... Nous avançons encore, un peu moins certain de notre coup, l'endroit est desert. Une bouche béante crache du chaud, de la fumée, le jaune fluo du
souffre recouvre les abords. Le spectacle de la terre qui s'agite en profondeur nous fascine.
Soudain, à deux mètres, un ponton en bois serpente en allées bien ordonnées tout autour des crevasses et des cratères fumants !
On a loupé l'entrée !!! Il est formellement interdit de circuler à même le sol en silice chauffé, un nouveau panneau nous éxplique : "A 18h, lorsque la sirène retentie, il vous reste une demi
heure pour evacuer le parc."
Serions nous en zone interdite ? L'éxcitation monte ! Nous sommes en danger ? Nous sommes des hors la loi en vadrouille dans les jardins de l'enfer !? Nous rebroussons chemin en empruntant le
même parcours qu'à l'aller, refranchissons la barrière et retournons au véhicule, l'appareil photo chargé à bloc de clichés volés gratuitement et involontairement. En rentrant, nous trinquons à
notre belle escapade, comprenant bien que nous venions d'échapper à l'amende si par grand hasard nous avions été pris sur le fait ! C'est bien connu, le Français est un exemple de discipline et
de respect, nous en sommes les preuves vivantes !
Le lendemain, nous continuons à explorer les alentours. Un parc dans lequel nous nous rendons honnetement cette fois ci, propose de participer au reveil d'un geyser, Lady Know, à 10h15 pétante.
Les propriétaires privés de ces terrains inexploitables ont bien compris l'interêt de ces phénomènes géologiques. Ils ont transformé Rotorua et sa région en Rot"Vegas" le Jackpot du siècle, à 30 dollars la tête de pipe, je suis prêt à renifler 8 heures par jour les odeurs limite insupportables degagées par toutes ces piscines de boue chaude, ces bains de cyanure véritables pièges à piafs et multiples gouffres à souffre géants !
Le parcours dure une heure et demi, c'est bien suffisant. Les odeurs deviennent vite insupportables malgrè les couleurs éclatantes des
bassins et l'enchantement provoqué par les glou-glou gazeux qui chantent partout. La région sur 18km carré est entièrement dédiée à notre très cher ami, le Diable. Tout ici porte un nom
évocateur, Les Hell's ink pots, la Hell's gate ...
Cette rafraichissante promenade nous a permis de bien comprendre le niveau d'inconscience dont nous avions fait preuve la veille. C'est dangeureux, oui, de s'approcher trop prés, de respirer, de
toucher. Trop tard, c'est fait.
Une fois de plus, la nature, la vraie nous a montré à quel point nous ne sommes que peu de chose. Je repense surtout à ce pauvre
canard qui a pris son dernier bain dans la Champagne's pool, une marre aux canards bien peu fréquentable. La decence ne m'a pas permis de prendre une photo du Daffy Duck mais je vous promet que
ce n'était pas beau à voir. J'imagine très bien les effets devastateurs des volcans, les pauvres habitants de Pompeï ont dû en baver grave !
Demain, nous quittons le centre pour prendre "encore" du repos dans la vallée de Coromandel. Une péninsule où les artistes et autres marginaux ont trouvé refuge pour pratiquer un art de vivre
serein loin de toute l'agitation urbaine que nous avons fuit nous aussi il y a quelques jours. Le temps prévu est encore à la tempête, qu'à cela ne tienne, nous cuverons "encore" notre chagrin
dans le vin. Et nous épongerons nos écarts d'incorrigibles ivrognes de Français dans une petite taverne autour d'une bonne soupe de poisson, accompagnée de Garlic Bread (pain à l'aïl), se
muffinisant l'estomac pour terminer ce copieux repas bien mérité.
Rohan.
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